Schubert - Messe D678
7 octobre 2017 - Basilique Sainte Clotilde - Paris VIIème

Direction : Antoine Sebillotte
Choeurs : Choeurs Elisabeth Brasseur, Choeurs Horizons
Orchestre : Opalescences

 

 

 
Prix des places : (mise en vente en ligne dès le 4 septembre 2017)
1ère catégorie : 30 euros
2ème catégorie : 25 euros
Etudiants / chômeurs : 15 euros
Tarif tribu (jusqu'à 4 places derniers rangs) : 40 euros
 
 
 

 

Chers amis,
avant de vous proposer quelques lignes à propos de la Messe en La bémol majeur (D-678) de Franz Schubert, il nous semble important d’aborder des éléments de sa biographie qui mettent en relief la profondeur de ses recherches musicales et son rôle d’explorateur émerveillé (1)


Malgré sa prodigieuse production, Franz Schubert (1797-1828), n’a pas recherché les honneurs. Il a plutôt mené une quête permanente d’une reconnaissance, à ses propres yeux, de son statut de créateur. Pour autant, la compagnie fréquente d’amis intellectuels et artistes lui a été nécessaire. Réuni à l’occasion de schubertiades, ce groupe de jeunes gens, par leurs discussions, par la musique et la fête y exprimait leur volonté de mettre leur esprit créateur au service d’un effort unique vers le beau. Une respiration face au système étouffant de la société absolutiste et frivole, instituée par Metternich. Percevant le génie du compositeur, cette communauté lui donnera le surnom de Voyant.
« Besoin primordial de la communion dans le NOUS, lié à un sentiment profond et nostalgique du Paradis perdu, entraînant en conséquence une réelle difficulté à exister, à affirmer le JE de l’individu, en même temps que la certitude inéluctable au-delà de la communion vécue ».(2)

 

C’est dans cet esprit qu’il a composé la plupart de ses œuvres, 1819 a été l’année d’une utilisation subtile de tonalités autour du La. Entre autres compositions, il écrit neuf Danses allemandes en la bémol majeur, les Dieux de la Grèce en la mineur sur le texte de la douzième strophe de l’ode de Schiller et le Salve Regina. Le rendu de ces tonalités est une douceur chargée de nostalgie (le Paradis perdu ?). C’est dans ces mêmes tonalités qu’il commence de composer une cinquième messe qu’il appellera Missa solemnis. Il y travaille par intermittence jusqu’en septembre 1822, sans dédicataire précis. Il la remanie en 1825 et « la croit réussie ». Aussi veut-il la présenter à l’Empereur Franz et à sa nouvelle épouse, la très pieuse Caroline Augusta.

Le maître de chapelle de la Cour Joseph Eybler, succédant à Salieri, estima que la messe était bonne, « mais, dira Schubert, elle n’était pas composée dans le style qu’aimait l’Empereur. Alors je me saluai moi-même et je pensai à part moi : je ne serai donc pas assez heureux pour pouvoir écrire dans le style impérial. » (2). Sans doute, pourra-t-il la faire exécuter fin 1822 à l’église d’Art Lechenfeld à Vienne, mais elle ne sera éditée qu’en 1875, longtemps après sa mort comme tant d’autres œuvres qu’il ne pourra convaincre ses éditeurs de publier.
Par son ampleur, par son instrumentation, par l’importance et la disposition des voix, cette œuvre qui se voulait solennelle semble destinée à tout autre chose qu’à l’office dominical habituel de la paroisse (2).

L’effectif instrumental rassemble flûtes, hautbois, clarinettes et bassons ; cors, trompettes, trombones et timbales ; cordes et orgue ; quatre solistes et un chœur mixte. La tonalité n’est pas non plus celle que l’on trouve habituellement dans une œuvre liturgique. Chaque mouvement étant en rapport de tierce avec le précédent, elle est plus romantique que classique. L’œuvre commence par un Kyrie en la bémol majeur, plein de tendresse. Elle continue avec le Gloria en mi majeur, joyeux et brillant avec tout l’effectif instrumental, la fugue finale faisant entendre l’indépendance des quatre voix du chœur. Le Credo commence en ut majeur, majestuoso accompagné par des trombones, continue en la bémol plus recueilli et s’achève sur la tonalité du début avec l’entrée des cordes qui amènent une allégresse croissante. Le retour du chœur se pose ici comme une affirmation collective de la foi. On trouve dans le Sanctus en fa majeur des réminiscences de l’innocence des trois jeunes enfants de la Flûte enchantée. L’apaisement se poursuit avec le Benedictus en fa mineur et l’entrée des cordes accompagnant l’Agnus Dei où l’on revient au la bémol majeur (2). Schubert utilise avec abondance des variations en demi-ton.
Quant au texte, Schubert affirme dans cette œuvre sa propre croyance en Dieu le père (dans le Gloria) bien qu’il n’approuve pas le dogme de la résurrection des morts (dans le Credo). Il attache dans cette 5ème un soin particulier à la prosodie en lui conférant avec sa musique plus de sens que dans ses premières messes. Les libertés qu’il prend par rapport au support textuel et aux modèles musicaux en font une œuvre tournée vers l’avenir qui marque le début d’une nouvelle tradition romantique, qui sera poursuivie par Schumann, Mendelssohn, Brahms et d’autres (3).
La formation qui se produira en octobre 2017 à Paris et à Payerne (Suisse) sera constitué de 130 choristes. Les chœurs réuniront le Chœur Elisabeth Brasseur et le Chœur Horizons d’Yverdon (Suisse).

 

Sources :
1- Dictionnaire de la Musique / Larousse
2- Franz Schubert / Brigitte Massin, ed Fayard, 1977, revue en 1993
3- Site resmusica

 

 

 

(article écrit et documenté par Mireille Grizzo, alto au sein des choeurs Elisabeth Brasseur)

 

Commentaires  

#1 Brigitte P 17-10-2017 09:43
Nous avons passé un moment musical inoubliable. Les morceaux a capella étaient très impressionnants. Au plaisir de venir vous écouter à nous prochainement !
Citer

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir